Schopenhauer, la métaphysique du pire (2ème partie)
Écrit par Guy Heff   
Jeudi, 03 Novembre 2011 16:28

Schopenhauer est le philosophe tragique par excellence. Au cœur de son système de pensée : la douleur du monde et l’angoisse existentielle. L’existence n’est faite que de douleur et d’ennui, le temps est cyclique et ramène indéfiniment le malheur, l’homme est mu par un déterminisme tyrannique qui est le « vouloir-vivre », la vérité de toute chose est dans la mort. L’existence n’a d’autre but immédiat que la douleur et si « chaque malheur particulier parait, il est vrai, une exception ; mais le malheur général est la règle[1] »

A l’opposé de l’optimisme des Lumières, Schopenhauer théorise l’inconvénient d’être né et le caractère à jamais absurde de l’exercice de la vie. Il constate que les malheurs de l’existence ne sont compensés par aucun bonheur. L’amour, la solitude ou même le rapport avec les autres ne sont que souffrance et ennui.

 
Stirner, unique en son genre
Écrit par Guy Heff   
Jeudi, 03 Novembre 2011 08:52

Présenté comme le père de l’individualisme, accaparé par les anarchistes comme un des théoriciens de la doctrine libertaire, Max Stirner est un penseur troublant qui propose une philosophie certes dérangeante mais profonde et radicalement immanente. Né à Bayreuth en 1806, Stirner a grandi dans une Allemagne où la pensée de Hegel règne en maître et seigneur. Il a fréquenté ce qu’on a coutume d’appeler la gauche hégélienne, un groupe de jeunes disciples qui radicalisent la philosophie de Hegel vers le matérialisme en opposition à la droite hégélienne qui oriente plutôt la pensée du maître vers un idéalisme théiste faisant l’éloge de l’état et de la religion. Exerçant différents métiers, Stirner a connu une « vie lamentable » criblée de dette et a été emprisonné à deux reprises. Il est mort dans l’indifférence générale en 1856 d’une infection provoquée par la piqure d’une mouche. Son œuvre majeure, L’Unique et sa propriété, publié en 1844 est indépassable et bouscule toutes les certitudes.

 
Misère du salariat
Écrit par Guy Heff   
Mercredi, 02 Novembre 2011 11:23

Je suis « si paresseux, que, s'il me fallait travailler pour vivre, je crois que je me laisserais mourir de faim » (Lesage). 

Le travail salarial est la religion de la modernité. Ses vertus sont partout célébrées et on ne cesse de vanter le bonheur de la vie au travail. Un bonheur laborieux partagé entre collègues, patrons et subalternes. On dit de celui qui décroche un poste qu’il retrouve sa dignité. De celui qui perd son travail, on parlera de perte de soi[1]! Un travailleur malheureux au bord du suicide c’est un brave type, mais un chômeur heureux est la peste qu’il faut éradiquer.

Dans nos sociétés démocratiques, l’homme moderne est défini avant tout par ce qu’il représente dans la production capitaliste. A la question que faites-vous dans la vie ? Comprenez qu’elle est votre valeur marchande ? A quel prix vous vendez-vous ou que représentez-vous économiquement ? Dépendamment de la réponse que vous aurez donné à cette question, votre interlocuteur aura une haute ou une piètre opinion de vous. Triste réalité : le prix de l’individu résulte de la loi du marché !

 

 
Prose individualisme
Écrit par Guy Heff   
Jeudi, 03 Novembre 2011 14:13

L’individualisme est une philosophie personnelle qui ne reconnait la valeur suprême de l’être que dans sa subjectivité et non dans les entités abstraites que sont la société, le groupe, l’état ou la nation. La seule réalité individualiste : le Moi et son unicité. L’individualiste affirme son individualité dans la société, en marge ou malgré celle-ci. Il n’est pas forcement l’ermite ou le solitaire vivant reclus dans les bois. Le point de départ de l’individualisme est la différence individuelle.

L’individualiste n’est pas l’égoïste, vulgaire, autoritaire et dominateur qui pense qu’il n’existe que lui. Cette attitude qui consiste à tout rapporter à soi caractérise des individus mesquins qui se satisfont par le plus plat arrivisme. L’égoïsme vulgaire est fait de faussetés et de petitesses sociales.

 
Schopenhauer, Biographie d'un philosophe tragique ( 1ère partie)
Écrit par Guy Heff   
Mercredi, 02 Novembre 2011 12:03

Arthur Schopenhauer est né le 22 février 1788 dans une famille sur laquelle plane l’ombre de la folie. Deux de ses oncles paternels sont internés pour troubles psychiques. Sa grand-mère paternelle est devenue folle suite à la mort de son mari. Son père Floris Schopenhauer, un commerçant à Dantzig, finira par se suicider après une vie entrecoupée de phases dépressives, d’angoisse et d’obsession suicidaire.

Le suicide du père est une déchirure à laquelle le philosophe ne s’en remettra jamais. Il décrit ainsi sa tristesse : « Ce deuil accru ma tristesse qui dégénéra, peu s’en faut, en maladie noire ». L’image de son père, mort dans la solitude et abandonné par sa mère, constituera le point de départ du rapport conflictuel qu’il entretiendra à sa mère et l’origine de sa misogynie.

 
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