Amor fati, que ceci soit désormais mon amour !
Écrit par Guy Heff   
Mardi, 13 Décembre 2011 21:25

Empruntée au stoïcisme, la pensée amor fati, littéralement amour du destin, devient l’ataraxie suprême de la sagesse chez Nietzsche. Par cette expression le philosophe désigne l’acquiescement, le grand oui au réel. Il s’agit de consentir au tragique et de l’aimer. Cette proposition n’est pas la résignation face à la fatalité mais l’acceptation joyeuse de la réalité telle qu’elle est : « Ma formule pour ce qu’il y a de grand dans l’homme est amor fati : ne rien vouloir d’autre que ce qui est, ni devant soi, ni derrière soi, ni dans les siècles et des siècles. Ne pas se contenter de supporter l’inéluctable, et encore moins se le dissimuler […] mais l’aimer » (Nietzsche, Ecce Homo, « Pourquoi je suis si avisé », § 10).

 
Sur le journalisme
Écrit par Guy Heff   
Jeudi, 01 Décembre 2011 20:20

Dans un monde où il se passe tellement de choses la lecture « du journal c’est la prière matinale de l’homme moderne », nous dit Hegel. Et l’auteur de La phénoménologie de l’esprit voit dans les événements dont les journalistes font échos des signes tangibles du devenir de l’esprit absolu. Ce que va réfuter Arthur Schopenhauer pour qui les journaux du jour n’annoncent rien qui diffère radicalement de ce qui a toujours été. Si on peut observer quelques changements dans la forme, le contenu du journal reste inchangé d’une semaine ou d’un mois à l’autre.

 
Thoreau, la sagesse à l'état nature
Écrit par Guy Heff   
Mardi, 22 Novembre 2011 14:58

Thoreau s’inscrit dans une longue tradition de philosophes pour qui la philosophie n’a de valeur que dans l’incarnation d’une sagesse pratique. Sa plus grande œuvre philosophique est la vie exceptionnelle qu’il a vécue dans le petit village de Concord.

Né en 1817 David Henry Thoreau intervertira l’ordre de ses prénoms vingt ans plus tard. Ce geste apparemment insignifiant est une manière pour le penseur de réarranger sa vie et lui donner un sens propre. A peine diplômé d’Harvard, il s’est fait engager comme professeur à l’école publique de Concord. Mais le rebelle Refuse d’appliquer la règle des châtiments corporels et préfère démissionner au bout de quelques jours pour ouvrir sa propre école privée avec son frère John. À cause de la maladie de ce dernier l’expérience est brève et Thoreau sera obligé de vivre de petits boulots d’arpenteur ou de précepteur, mais refuse de s’engager dans une activité dévalorisante qui pourrait aliéner sa liberté.

 
La démocratie, une atteinte à la liberté
Écrit par Guy Heff   
Mardi, 06 Décembre 2011 18:10

Si la démocratie se définit comme le gouvernement du peuple par le peuple, la réalité du pouvoir échappe totalement au peuple. Si tant est qu'il règne, le peuple souverain ne gouverne jamais. Il est difficile dans ce cas de parler de gouvernement populaire si ce n'est pas le peuple tout entier qui exerce effectivement le pouvoir. Rousseau lui-même reconnaissait que seules les décisions prises à l'unanimité des citoyens pouvaient, à proprement parler, passer pour «démocratiques», ce qui n'est pratiquement jamais le cas en démocratie parlementaire, une majorité l'emportant toujours sur une minorité. Autrement dit, ce qu'on appelle gouvernement du peuple par le peuple n'est rien de plus que le gouvernement de tous au nom d'une fraction plus ou moins importante de la masse ou de ses représentants.

 
Plaidoyer pour une éthique animale
Écrit par Guy Heff   
Dimanche, 27 Novembre 2011 09:45

Dans l’antiquité grecque Aristote avait laissé entendre qu’il est «le résidu des aliments digérés». On pourrait déduire de cette conception aristotélicienne que s’interroger sur ce que nous sommes revient du même coup à s’intéresser à ce que nous mangeons. D’un point de vue philosophique, se nourrir est un acte existentiel par lequel nous renaissons chaque fois que nous ingurgitons un aliment. Ce geste invite à une profonde réflexion sur l’alimentation qui nous régénère indéfiniment. 

 
Les fainéants dans la vallée fertile
Écrit par Guy Heff   
Jeudi, 10 Novembre 2011 19:35
 « Quand un homme te parle de progrès, sache qu’il veut t’asservir » Albert Cossery


La fainéantise comme art de vivre

Dans son roman "Les fainéants dans la vallée fertile", Albert Cossery campe des personnages atypiques qui évoluent à contre courant dans leur monde fait de fainéantise et de sommeil. Dans un style vif et efficace où se mêle humour et réflexion philosophique, l’auteur nous conte l’histoire d’une famille cairote qui ne jure que par la paresse. Les situations loufoques et péripéties invraisemblables provoquent le lecteur et remettent en cause le formatage de la société productiviste du capitalisme.

 
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